J'apprends aujourd'hui qu'une seconde édition des intellectuels précaires va paraître et que les auteurs cherchent à rencontrer des journalistes pigistes pour parler de la précarisation du métier de journaliste.
Après avoir envoyé impulsivement un mail à l'auteure, lui proposant mon témoignage, je m'interroge sur mes motivations... A l'heure qu'il est je n'ai pas de réponse..
Mais il m'apparaît que si cela se fait, l'expérience me permettra de passer du statut d'interviewer à celui d'interviewé, de savoir ce que ça fait.
C'est étrange, car depuis quelques temps, je m'interroge, après avoir interrogé. Je me demande ce que ça fait. Consciencieux, je crois l'être mais que savoir de ce qu'ont ressenti les personnes que l'on interroge. Ne se sentent-ils pas trahis par ce que j'écris ? Comment faire pour retrouver leur pensée ? La traduire au plus juste ? Pour qu'en me lisant, ils se reconnaissent ?
Si demain on m'interroge et qu'on reprend mes propos, supporterai-je de voir des choses intimes m'échapper ? Comment vivrai-je l'approximation du compte-rendu ?
Pour vous livrer un secret, le métier d'interviewer comporte pas mal de psychologie. Il y a ce que dit l'interviewé et ce qu'il ne dit pas, ce qu'on resesent de lui, sa manière d'être.. et ce que le journaliste doit faire c'est retranscrire les deux..
J'en parlais récemment avec des amis journalistes. Tous confient la même chose : interviewer est éreintant. On ressort toujours lavé d'une interview. Jamais dans la vie on écoute les gens avec une telle intensité. le temps de l'interview, l'interlocuteur est le centre du monde. Une bombe exploserait dans le café où a lieu l rencontre qu'on resterait pendu à ses lèvres. Il y a quelque chose de cet ordre...
Alors pourquoi avoir répondu à cette demande ? Envie d'être écouté à mon tour ?
Va savoir..
mercredi 28 mai 2008
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