il se confirme que je pourrais bientôt être interviewé pour ce livre. Je vais savoir ce que ça fait.
Est ce parce que c'est mon métier que je me pose toutes ces questions ? Comment cela va-t-il se passer ?
Hier alors que je faisais l'énième interview en face à face d'un pdg d'entreprise, je réalisais encore toute la dimension ludique de ce moment... Le début où l'on se jauge mutuellement. Où lui ne dit pas grand chose, répète le discours de com, où je pose des questions relativement douces, sans grand enjeu. Puis peu à peu, comment on l'amène à se livrer... On se manipule mutuellement le temps d'une interview, on se séduit, on se charme..
Il faut percer la carapace, donner à l'autre l'envie de nous montrer ce qu'il a dans le ventre, le mettre en confiance, le convaincre qu'il n'a rien à y perdre. Pour cela, j'essaie dêtre le plus possible en empathie, de lui monter qu'il est tout pour moi, que ce qu'il me dit m'importe plus que tout au monde, que ma seule préoccupation est de comprendre qui il est de l'intérieur.
Parfois ça marche.
Je n'arrive pas à être agressif, comme certains de mes confrères. Je préfère la méthode douce. dans les deux cas pourtant il s'agit de voler une partie de celui qu'on interroge.
Parfois, comme hier, ça marche et c'est génial. Les défenses sautent, et les discours convenus, "corporate" comme ils disent, sautent. La personnalité apparaît, il se passe quelque chose. on sent un être passionné, de chair et de sans, pas un directeur général.
Pour ces cinq minutes là, tous les tunnels du monde sont supportables.
vendredi 30 mai 2008
mercredi 28 mai 2008
de l'autre côté du mirroir
J'apprends aujourd'hui qu'une seconde édition des intellectuels précaires va paraître et que les auteurs cherchent à rencontrer des journalistes pigistes pour parler de la précarisation du métier de journaliste.
Après avoir envoyé impulsivement un mail à l'auteure, lui proposant mon témoignage, je m'interroge sur mes motivations... A l'heure qu'il est je n'ai pas de réponse..
Mais il m'apparaît que si cela se fait, l'expérience me permettra de passer du statut d'interviewer à celui d'interviewé, de savoir ce que ça fait.
C'est étrange, car depuis quelques temps, je m'interroge, après avoir interrogé. Je me demande ce que ça fait. Consciencieux, je crois l'être mais que savoir de ce qu'ont ressenti les personnes que l'on interroge. Ne se sentent-ils pas trahis par ce que j'écris ? Comment faire pour retrouver leur pensée ? La traduire au plus juste ? Pour qu'en me lisant, ils se reconnaissent ?
Si demain on m'interroge et qu'on reprend mes propos, supporterai-je de voir des choses intimes m'échapper ? Comment vivrai-je l'approximation du compte-rendu ?
Pour vous livrer un secret, le métier d'interviewer comporte pas mal de psychologie. Il y a ce que dit l'interviewé et ce qu'il ne dit pas, ce qu'on resesent de lui, sa manière d'être.. et ce que le journaliste doit faire c'est retranscrire les deux..
J'en parlais récemment avec des amis journalistes. Tous confient la même chose : interviewer est éreintant. On ressort toujours lavé d'une interview. Jamais dans la vie on écoute les gens avec une telle intensité. le temps de l'interview, l'interlocuteur est le centre du monde. Une bombe exploserait dans le café où a lieu l rencontre qu'on resterait pendu à ses lèvres. Il y a quelque chose de cet ordre...
Alors pourquoi avoir répondu à cette demande ? Envie d'être écouté à mon tour ?
Va savoir..
Après avoir envoyé impulsivement un mail à l'auteure, lui proposant mon témoignage, je m'interroge sur mes motivations... A l'heure qu'il est je n'ai pas de réponse..
Mais il m'apparaît que si cela se fait, l'expérience me permettra de passer du statut d'interviewer à celui d'interviewé, de savoir ce que ça fait.
C'est étrange, car depuis quelques temps, je m'interroge, après avoir interrogé. Je me demande ce que ça fait. Consciencieux, je crois l'être mais que savoir de ce qu'ont ressenti les personnes que l'on interroge. Ne se sentent-ils pas trahis par ce que j'écris ? Comment faire pour retrouver leur pensée ? La traduire au plus juste ? Pour qu'en me lisant, ils se reconnaissent ?
Si demain on m'interroge et qu'on reprend mes propos, supporterai-je de voir des choses intimes m'échapper ? Comment vivrai-je l'approximation du compte-rendu ?
Pour vous livrer un secret, le métier d'interviewer comporte pas mal de psychologie. Il y a ce que dit l'interviewé et ce qu'il ne dit pas, ce qu'on resesent de lui, sa manière d'être.. et ce que le journaliste doit faire c'est retranscrire les deux..
J'en parlais récemment avec des amis journalistes. Tous confient la même chose : interviewer est éreintant. On ressort toujours lavé d'une interview. Jamais dans la vie on écoute les gens avec une telle intensité. le temps de l'interview, l'interlocuteur est le centre du monde. Une bombe exploserait dans le café où a lieu l rencontre qu'on resterait pendu à ses lèvres. Il y a quelque chose de cet ordre...
Alors pourquoi avoir répondu à cette demande ? Envie d'être écouté à mon tour ?
Va savoir..
jeudi 22 mai 2008
à propos du titre du blog
pourquoi 2 feuillets et au lit ?
parce que le feuillet est l'unité de base du journaliste. un feuillet 1500 signes soit 30 lignes de 50 caractères espaces compris. Avec le temps, le pigiste compte en feuillet. ça donne des trucs du genre : "p'tain ce mois" il me manque 10 feuillets pour boucler mon budget"..
Variante : "on a réduit ma contribution au magazine Y. Trois feuillets de moins par mois, tout ça parce qu'ils vont passer sur le web pffffffffff, on fait vraiment un métier de chien non ? "
et bien sûr ce qui arrive le moins souvent : "allo... tu sais quoi ? ... oui le mensuel où j'avais un rendez vous, la référence de la mort.. il me propose 15 feuilllets par mois... tu te rends compte 15 feuillets, c'est peinard pour moi"
les jours où j'ai pas envie de travailler, il m'arrive de repousser et repousser, procrastiner dit-on quand on parle la belle langue d'autrefois. Ces jours là, vers 22 heures, plein de honte, voyant le peu de résultat de ma journée, il m'arrive de penser, voyant l'heure avancer, dans un accès de mauvaise conscience : "allez 2feuilllets et au lit"
voilà vous savez tout. Ou presque.
parce que le feuillet est l'unité de base du journaliste. un feuillet 1500 signes soit 30 lignes de 50 caractères espaces compris. Avec le temps, le pigiste compte en feuillet. ça donne des trucs du genre : "p'tain ce mois" il me manque 10 feuillets pour boucler mon budget"..
Variante : "on a réduit ma contribution au magazine Y. Trois feuillets de moins par mois, tout ça parce qu'ils vont passer sur le web pffffffffff, on fait vraiment un métier de chien non ? "
et bien sûr ce qui arrive le moins souvent : "allo... tu sais quoi ? ... oui le mensuel où j'avais un rendez vous, la référence de la mort.. il me propose 15 feuilllets par mois... tu te rends compte 15 feuillets, c'est peinard pour moi"
les jours où j'ai pas envie de travailler, il m'arrive de repousser et repousser, procrastiner dit-on quand on parle la belle langue d'autrefois. Ces jours là, vers 22 heures, plein de honte, voyant le peu de résultat de ma journée, il m'arrive de penser, voyant l'heure avancer, dans un accès de mauvaise conscience : "allez 2feuilllets et au lit"
voilà vous savez tout. Ou presque.
mardi 20 mai 2008
premiers enseignements
ce n'est pas parce qu'on écrit vite qu'il faut publier vite. Je vois que mes deux premiers billets comptent pas mal d'erreurs et de coquilles. ça m'apprendra de vouloir aller vite...
En même temps, c'est symptomatique : INternet et sa spontanéité, Internet et son instantanéité ont-ils déjà eu raison de moi ? A suivre....
En même temps, c'est symptomatique : INternet et sa spontanéité, Internet et son instantanéité ont-ils déjà eu raison de moi ? A suivre....
ce que ce blog essaira d'être
Je suis assez excédé d'entendre dire et n'importe quoi sur le métier de journaliste. J'ai eu envie de raconter la vie d'un journaliste de base. Expliquer les contraintes de notre métier, ses grandeurs et ses servitudes. Je ne suis pas grand reporter dans un titre national. Je suis devenu journaliste parce que je suis persuadé que ce métier est le plus du monde. Je le crois toujours malgré les difficultés. mon enthousiasme est intact. ça ne m'empêche pas d'être lucide. En particulier, j'ai envie d'écrire sur le métier de journaliste à l'heure de la grande conversion numérique pour reprendre le titre d'un livre qui a eu quelques succès. Il y a à dire. Let's go
Ce que ce blog ne sera pas
Un blog de plus ? En 2008, tout blogueur qui commence ne peut éviter la question : un blog, pourquoi faire ? D'autant que je suis journaliste et qu'il n'y a pas vraiment de manque pour ce type de blogs.
Ce blog n'est pas un blog officiel. Bien des journalistes aujourd'hui blogguent sur les sites de leurs médias à la demande de leur hiérarchie. c'est ce que j'apppelle le blog qui a la couleur du blog, l'odeur du blog mais pas le reste. L'idée est toujours la même : faire partager les soi-disantes coulisses. En vrai ça sert à faire venir des gens sur le site Internet, un média où les investissements publiciaires croissent plus vite qu'ailleurs. En gros, vous êtes directeur d'un magazine en bonne santé et vous cherchez un relais de croissance, alors vous demandez à vos plumes stars d'écrire un peu pour le site web pour créer du trafic.
Ce blog ne sera pas davantage un de ces ramassis de ragots et autres confidentiels à la petite semaine qu'aiment tant mes confères et malheureusement nos lecteurs. Je déteste les visions complotistes du monde. Une information c'est un fait et un fait ça se prouve. Si on ne peut pas prouver ce qu'on dit, on se tait. J'ai toujours eu une seule règle dans ma vie professionnelle : soit une information est intéressante et elle doit être publiée, soit elle est sans intérêt et on l'oublie. Bien des confidentiels que nous lisons font croire au consommateur de médias qu'il a des informations exclusives. Des ragots de diner en ville manipulés et diffusés par des gens qui ont toujours intérêt à les voir répandus.
Ce blog n'est pas un blog officiel. Bien des journalistes aujourd'hui blogguent sur les sites de leurs médias à la demande de leur hiérarchie. c'est ce que j'apppelle le blog qui a la couleur du blog, l'odeur du blog mais pas le reste. L'idée est toujours la même : faire partager les soi-disantes coulisses. En vrai ça sert à faire venir des gens sur le site Internet, un média où les investissements publiciaires croissent plus vite qu'ailleurs. En gros, vous êtes directeur d'un magazine en bonne santé et vous cherchez un relais de croissance, alors vous demandez à vos plumes stars d'écrire un peu pour le site web pour créer du trafic.
Ce blog ne sera pas davantage un de ces ramassis de ragots et autres confidentiels à la petite semaine qu'aiment tant mes confères et malheureusement nos lecteurs. Je déteste les visions complotistes du monde. Une information c'est un fait et un fait ça se prouve. Si on ne peut pas prouver ce qu'on dit, on se tait. J'ai toujours eu une seule règle dans ma vie professionnelle : soit une information est intéressante et elle doit être publiée, soit elle est sans intérêt et on l'oublie. Bien des confidentiels que nous lisons font croire au consommateur de médias qu'il a des informations exclusives. Des ragots de diner en ville manipulés et diffusés par des gens qui ont toujours intérêt à les voir répandus.
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