samedi 21 janvier 2012

Du temps qu'on existait Marien Defalvard Grasset

371 pages
prix : trop cher
978-2-46-78738-9


D'abord se retenir, ne pas faire son malin avec le prénom de l'auteur, ce Marien qui appelle un fatal « ça riMARIEN ce livre », trop facile, forcément trop facile. Alors dire la vérité d'emblée : je n'en ai lu que plus de 100 pages sur les 400 publiées sachant qu'à l'origine il en faisait beaucoup beaucoup plus. L'auteur est jeune et vit à Orléans. Où l'on a une idée de la pauvreté de la vie en province (pas de rock ? Pas de jeunes avec qui boire le soir en parlant de Britney Spears ? Les jeunes gens sont réduits à passer leur soirée à écrire des livres de 1000 pages. A vous faire douter du bien fondé de l'éducation pour tous). Non c'est trop facile et je n'ai pas eu la force d'aller jusqu'au bout.
A ma connaissance très relative, cela fait maintenant un siècle environ que Proust et Sainte Beuve s'opposèrent sur la meilleure façon de juger une oeuvre. Le gagnant, Marcel, pour ce qu'on m'apprît dans ma province à moi, refusait que la biographie de l'auteur soit de quelque façon mobilisée pour comprendre l'oeuvre. Le métier du critique est de parler du texte, rien que du texte en se moquant de la vie de l'auteur. En l'espèce, l'histoire que vous sert tous les journaux en vous expliquant qu'il a 18 ans ou à peine plus, qu'il a écrit son livre vers 16 ans (quand on pense que d'autres qui venaient d'avoir 18 ans séduisaient Dalida) et que son éditeur, le très élégant Charles Dantzig qui croit avoir trouvé la réponse à la question « pourquoi lire ? » entre le faubourg saint germain et les soldes du bon marché, a reçu mille pages de ce jeune homme à mèches (on en regrette Sacha Sperling et florian zeller réunis c'est dire, et même Lolitta Pille, c'est dire *2) par la poste et blablablabla..
en un mot, Marcel Proust nous l'a dit : « on s'en fout de ta vie de scribouillard. Donne nous ton livre, rien que ton livre... » Il aurait pu être livré par un valet en livrée ou une strip teaseuse du crazy horse ça ne changeait rien sur la qualité de ce qui finit entre nos mains, ou sur notre tête, quand d'ennui nos nerfs ayant lâchés, le sommeil a gagné et le pavé choit sur notre visage parti vers le pays des rêves.
Car de quoi parle-t-on ? D'une sorte de pastiche prousto baudelairienne avec des inspirations huysmanniennes, dont l'intérêt en ce début de vingt et unième siècle laisse pantois. Parlerait on encore de Proust si l'asthmatique buveur de tisane dans laquelle il plongeait des madeleines avait écrit un sorte de pastiche d'Alfred de Vigny ?
Chez Defalvard, donc on écrit comme une bourgeoise rance des années 60 devait l'apprécier. Avec de formules lourdingues qui font littéraire. Ça on est chez les riches, la cuisine est au beurre, et les principes sont aussi lourds que les tentures épaisses qui tentent vainement de dissimuler l'ennui de vies corsetées. Alors, Madame lit un peu, ça lui donne un genre, mais pas trop parce que les artistes sont dangereux. Là, avec Defalvard, Monsieur peur dormir tranquille, elle ne risque rien qu'un peu plus d'ennui, qui à force pourrait lui donner des idées. On sait comment finissent les Bovary.
Toutefois, et c'est positif, Madame pourra enrichir son vocabulaire et s'adonner au rythme ternaire. En effet, le mot rare est prisé, tant mieux pour les éditeurs de dictionnaires, et l'adjectif se promène souvent en trio. Roboratif, épuisant vain. Ça donne des phrases du genre : « tout était rustique à souhait ; (car on sait mettre des points virgules) et l'intérieur des bois était chaud et noir , avec de rares traînées lumineuses comme pendant les orages, comme avant ». ou celle là que j'aime beaucoup page 108 (peu de temps avant que j'arrête) : « le froid mordait, il était mordicant ; (encore un point virgule) mordant même ». Génial quand le froid mord, il est mordant. Et dans l'autre sens ça marche aussi « le froid mordait, il était mordant ; mordicant même » Un vertige vous dis-je...
Ah oui, j'ai oublié d'évoquer l'intrigue : un vieux revenu de tout raconte ses souvenirs. Il n'a jamais guéri de son enfance, le bonheur c'est la maison que ses parents possédaient, du côté de Saclay si j'ai bien compris. Ayant la chance d'être riche il a passé son temps à errer de ville en ville comme un forain chez Demy, la joie en moins. Par contre, comme les forains, il est gai, enfin gay, un mot que le narrateur n'aimerait sûrement pas, (déjà il note à regret que dans les années 70 on parlait de dancing, même Jean Dutourd ne s'en est jamais plaint).
C'est à Strasbourg qu'il découvre son goût pour les hommes. Le narrateur y traine dans une sorte d'hôtel boîte glauque. Et là, bien sûr il croise un type (je ne sais pas s'il l'a finalement pécho, parce que j'ai arrêté avant) qui l'attire. Le métier de ce jeune alsacien ?? « Il avait exercé une profession hélas peu connue (tout est dans le hélas, vous allez voir quand vous saurez ce qu'il fait), il avait travaillé dans la dominoterie, il coloriait les planches, les cartes de jeux de société, les petits chevaux, le Scrabble, le Monopoly, le Mille bornes. « Mais c'était devenu insupportable. L'avenue Matignon... Mot compte triple... Increvable.. je voyais tout en cartes, c'était affreux. Ma bouchère c'était la Dame de Pique. Non vraiment... AH et puis les dominos ! Tragédie, tout ça, tragédie ! » Il avait l'air vraiment très triste. J'étais un instant comme un autre, peut-être, avec un faible coeur ».
C'est là que j'ai fermé. Tragédie ? Je ne sais pas mais ennui, pédanterie et forfanterie (toujours par toris christophe, ça fait littéraire, intelligent et sournois, oui le troisième adjectif doit toujours surprendre, dérouter, démarcher (c'est pareil avec les verbes). Félicitons d'abord notre jeune auteur pour avoir retrouvé un métier que ni Jean Pierre Pernault, ni Houellebecq et son narrateur dans la carte et le territoire n'ont évoqué. C'est un joli exploit.
Si quelqu'un veut bien me raconter la suite.. je suis preneur parce que le drame du dominotier m'a fait rire, puis bailler ferme et j'ai fermé le livre.
Pendant une demie seconde, j'ai plaint Charles Dantzig qui, lui, s'est tapé les mille pages du manuscrit. Etre éditeur à saint germain des prés c'est pas tous les jours facile. En plus faut déjeuner avec des critiques littéraires après, leur faire croire qu'on a découvert un génie et alors que tout le monde bronze vulgairement ce que Charles Dantzig ne fait pas car il n'est pas vulgaire, être pris d'angoisse à l'idée que le coup ne marchera pas.. que le mordicant lassera et la dominoterie décrochera des mâchoires. L'été à Deauville, la souffrance atteint des niveaux incandescents, brutaux et chevallins. J'en suis arrivé à penser à l'époque où Julliard découvrait Sagan et Cocteau Radiguet. J'ai pensé que, comme le narrateur et beaucoup de monde, c'était mieux avant. Mais bon on n'arrête pas le progrès : avant, la valeur n'attendait pas le nombre des années. Grâce à Defalvard, on sait désormais que la boursouflure non plus.

samedi 5 novembre 2011

Marianne mélange tout et m'énerve

Chez mon (comme disent les vieux, enfin les personnes âgées) marchand de journaux ce matin, comme tous les samedis, j'hésite à acheter Marianne et comme souvent j'y renonce. A la une du numéro de ce samedi ce titre hallucinant " pour en finir avec la dernière dictature : nos enfants ces sales tyrans".

Quelle confusion dans les mots. Comparer les dictatures politiques, pour certaines responsables de morts, d'abolition des libertés publiques aux petits problèmes de parents débordés par des enfants rois m'a semblé ridicule, erroné et, surtout insultant pour les victimes des dites dictatures.

Certains penseront que je manque d'humour, que ce n'est qu'une image. mais le but d'une image est de produire du sens. le dit
raccourci n'en produit pas, il fabrique l'inverse : de la confusion. celle qui naît quand un même mot désigne des choses différentes. Dès lors, plus aucune discussion n'est possible, puisqu'on ne parle plus le même langage.

Je reste persuadé que le métier de journaliste exige que l'on sache manier précisément la langue française qui est notre matière première. que dirait on d'un ébéniste qui ne connaîtrait pas le bois ? ou d'un ferronnier ignorant tout de l'art du travail du métal ?

Remarques en vrac

D'abord de l'anecdotique.. Ces derniers temps circulent sur Internet une carte diffusée sur CNN à l'occasion du G20, où Cannes est placé en Espagne.. Et les remarques de tout ordre d'y aller. Deux réflexions :
- qui, en France, sait placer précisément sur la carte des Etats Unis les villes de Denver sur une carte ? qui si demain France 2 ou TF1 se présentait réaliserait l'erreur ? Cela fait des années, depuis le lycée que j'entends rabâcher que les Etats Unis sont nuls en géographique par des personnes qui elles mêmes ignorent à peu près tout de la géographie du monde ? Mais bon, dans l'imaginaire l'Américain est lourdaud et ne s'intéresse pas au reste du monde (voir l'excellente caricature des guignols de l'info avec le commandant sylvestre et sa vision caricaturale du monde...)
- en général, l'étape d'après consiste à railler l'inculture américaine. un pays qui a michel sardou, marc lévy et claude lelcouch a sûrement les moyens de donner des leçons au pays de Bob Dylan, carson mc cullers et stanley Kubrick. Il est toujours facile de ne voir que ce qu'on veut voir. car on peut aussi trouver trois génies français et les opposer à trois médiocres faiseurs made in USA
- dernière remarque, et peut être la plus importante : Internet, et plus particulièrement facebook, est en train de nous ramener tous au niveau de la maternelle au mieux, de l'école élémentaire au pire, où dès que quelqu'un se trompe, la masse des nouilles qui ne font rien, se poussent du coude en ricanant : "maîtresse il s'est trompé. il sait pas où est Cannes, oh la honte".
Dans ce genre de comportements, celui qui dénonce est plus ridicule que celui qu'il croît dénoncer.

jeudi 3 novembre 2011

paris les rend fous

J'ai déjà dit ici ce que je pensais des conditions dans lesquelles François Fillon avait choisi d'être candidat à Paris.

Cette fois-ci, c'est un écho lu dans le nouvel observateur qui me fait réagir. Qui lit-on ? Que Bertrand Delanoe qui ne se représentera pas en 2014. Très bien, il l'a toujours dit, et il me semble même qu'il a expliqué qu'il fallait du renouvellement, que deux mandats suffisaient. Sans oublier qu'à l'époque il avait sûrement quelques ambitions présidentielles (comme tout le monde) et qu'il espérait être à l'Elysée en 2014... la suite ne fut pas conforme à ses souhaits secrets.

Là où je coince, c'est que je lis toujours dans le même écho, que monsieur Delanoe a choisi la personne qui doit lui succéder : Madame Anne Hildago. Je n'ai rien pour elle ou contre elle. Mais la méthode est juste hallucinante. D'abord, ce sont les élus municipaux qui élisent le maire de Paris à ma connaissance. certes il y a une tête de liste, qui a toutes les chances de devenir maire. Je n'ai jamais lu que c'est le maire sortant qui choisit son successeur. la mairie de Paris serait elle une sorte de monarchie, avec une principe de succession ?
cela me rappelle alain Juppé le dauphin désigné de Jacques Chirac, le "meilleur d'entre nous" avait il dit. on sait ce que fut la suite de l'Histoire.
Et il y a encore des hommes politiques pour croire qu'ils ont la légitimité pour choisir leur successeur ? mais où vit on ? Et à part moi, ça ne choque personne ?
Comme disait l'autre, Français, encore un effort pour être républicain...

jeudi 20 octobre 2011

pauvre vieille dame riche

Depuis longtemps, j'avais envie d'écrire à propos de Madame Bettencourt, la mère. Cette dame qui semble depuis longtemps plus ou moins bien entourée, était une sorte de trésor (coffre fort) national. La France protège moins ces trésors que le Japon. Pour cette dame, ce fut une vraie malédiction. Tutelle ou curatelle sont là pour protéger des gens faibles et comme toutes personnes âgées, riches ou pas, mais riches aussi et peut être plus que les autres, elle est vulnérable.
Mais que voulez vous, son statut de coffre fort a joué depuis le début contre elle. elle est l'héritière et l'actionnaire de L'oréal, elle a signé un pacte avec Nestlé pour le contrôle du groupe de cosmétiques. Alors on ne joue pas : les intérêts supérieurs de la Nation sont en jeu.

Le dernier épisode de la saga fait qu'on a lu dans certains quotidiens des copies très détaillées du jugement qui décida de la placer en curatelle. J'ai trouvé cela très humiliant pour cette femme. Au nom de quel droit le secret médical est il ainsi violé ? De quel droit expose t on ses faiblesses ? une octogénaire aussi riche soit elle n'a t elle pas le droit à une vie privée et à une vieillesse tranquille et protégée d'investigations qui portent atteinte à sa dignité, et donc à la nôtre ?

dimanche 16 octobre 2011

hollande aubry ou 1981 versus 1988 en oubliant 1984

Alors que tout le monde attend le score des primaires, revenons sur les deux candidats qui, même s'ils sont issus du même parti et ont adhéré au même projet, s'opposent depuis des semaines. Les commentateurs auront disséqué à l'envie l'ironie de la situation où la fille biologique et le fils spirituel de Jacques Delors se seront retrouvés face à face, devant les électeurs de gauche.
c'est d'une autre paternité que j'ai envie de parler : ce sont aussi les deux enfants de François Mitterrand, l'un et l'autre ont connu l'ivresse de mai 1981, lui à l'élysée, elle au cabinet de Jean Auroux, l'un et l'autre ont un ancrage local à peu près équivalent au mien en Sarthe orientale, l'un et l'autre sont des figures de la politique née dans les années 1980.
Pour ces primaires, l'originalité est que l'un et l'autre semble avoir suivi les leçons de celui qui croyait aux forces de l'esprit pour continuer à nous parler en matière de conquête de pouvoir. Martine Aubry, c'est Mitterrand version 1981, encore un peu et l'ex DRH de Pechinay nous expliquera que le profit c'est mal. François Hollande, c'est Mitterrand version 1988, la France unie et l'ouverture aux centristes, la France rassemblée et le ni ni. Ecoutez le bien dans les débats, il est toujours le plus rassembleur, celui qui ne fera pas peur aux centristes.
On sait comment finirent le premier septennat,avec le tournant dit de la rigueur de 1984, le choix de rester coûte que coûte dans ce qu'on appelait alors le Système monétaire européen, puis le lancement de l'acte unique et la construction fédérale de la CEE, sans oublier les lois bancaires de 1984, puis la fin de l'encadrement du crédit en 1985. A l'heure où les socialistes se peignent en champion des opposants au pouvoir des marchés et des banques, il est toujours opportun de rappeler que ce sont ces mêmes gouvernements socialistes qui donnèrent aux dits marchés les clés de la politique monétaire (peut être à raison d'ailleurs). Ils ont l'air tellement de l'avoir oublié.
Donc 1981 contre 1988 en oubliant 1984, ses leçons et son incidence sur la doctrine socialiste. Aucun doute qu'une victoire façon 1981 se terminera avec la même gueule de bois, et qu'une victoire façon 1988, avec promesse d'immobilisme et de rassemblement autour du plus petit commun dénominateur (obligé par nos institutions) n'est pas à la hauteur des défis qui attendent la France et l'Europe.
Camarades, un peu d'imagination pour inventer 2012 !

samedi 15 octobre 2011

primaires primaires

Tous les éditorialistes l'affirment : les primaires sont un succès. c'est amusant les mêmes citaient à l'envie il y a peu l'exemple italien, où la primaire après avoir abouti à la victoire de la gauche n'empêchèrent pas l'arrivée et le maintien au pouvoir de Berlusconi.
Pour ma part, je n'aime pas ses primaires, et je crois qu'au fond elles ne m'ont jamais plu, car elles s'achèvent comme il se doit : par une sorte de concours de beauté, quelque part entre Miss France et la nouvelle star. et cela pour une raison simple : le programme a déjà été approuvé par les instances du PS. Autrement dit, la tournure prise par le débat ces jours ci était fatal. les candidats partagent le même projet. Que leur reste t il pour s'opposer ? le style ? la manière de parler ? la mollesse ou la mauvaise humeur ? A cet égard, la fréquentation des facebooks militants est édifiante. on se croirait dans les tribunes d'un match de foot. ce n'est pas là qu'Internet contribue à rénover la politique.

ces primaires révèlent une façon très peu intéressante de faire de la politique, où l'image l'emporte. Thomas Snegaroff explique très bien ici (http://www.youtube.com/watch?v=I2lLvXKNCCk) comment les primaires aux Etats Unis sont beaucoup plus déterminantes, car, actuellement, le choix du candidat républicain est aussi le choix d'un programme entre membres du tea party, républicains classiques et autres tenants d'une Amérique des pionniers.
La primaire n'a de sens que si elle est le moment où est choisi aussi le programme.

fillon : un pari(s) peu risqué

Mes confrères journalistes politiques sont unanimes : François Fillon sera candidat à Paris aux législatives, l'an prochain, avec, en ligne de mire, les municipales et l'élection présidentielle de 2017. Soit. Très bien. Ses électeurs sarthois seront ravis d'apprendre qu'ils sont bien gentils, qu'ils ont été bien utiles pour son ascension. Si Paris valait bien autrefois une messe, il vaut bien aujourd'hui qu'on laisse en rade un ancarge local auquel disait-on il était très attaché. Que n'a t on lu de portrait d'un premier ministre provincial opposé à un président neuilléen ?
Ce que je trouve le plus culotté dans la décision de François Fillon, s'il est confirmée, c'est la circonscription qu'il aurait choisie, regroupant le 7e 6e et 5e, celle que vise aussi Rachida Dati. Choisir une circonscription où même une brouette avec une étiquette UMP peut être élu (la preuve édouard frédéric dupont plus qu'octogénaire y était réélu) manque cruellement de panache. L'arrivée de Monsieur Fillon serait autrement plus acceptable s'il se choisissait une circonscription avec un enjeu, un lieu d'atterrissage où sa personnalité pourrait faire la différence. Il montrerait aussi son envie d'en débattre. au lieu de quoi, il entend arriver sans prendre aucun risque et sans même aider son camp.
Vous, je ne sais pas, mais cette façon de faire de la politique me semble terriblement datée.

mercredi 11 novembre 2009

Pour Marion



qui doit garder son lit à Singapour et qui m'a demandé d'alimenter mon blog. Je m'en vais donc vous divertir

Je viens de faire partie du jury du grand prix du web.. Cela m'a conduit à lire 13 livres en un temps record. Comme le racontent tous les jurés des prix du type "livre Inter", le meilleur a été la réunion des jurés, tous blogueurs, tous blogueuses devais je dire pour être honnête.
Ah débattre pour défendre son livre préféré, trouver les arguments, s'empoigner, discuter esthétique, être de mauvaise foi (pauvre écrivain dont j'ai dit que le livre était écrit à la truelle pour défendre mon chouchou, c'est mal) intelligent, pertinent et mauvais perdant..

Les prix ont été remis mardi soir par david Abikernocomment. et les gagnants sont :
- prix du meilleur roman : Gille Heuré L'homme de cinq heures Editions Viviane Hamy
- prix du roman français : La Perrita d'Isabelle Condou Editions Plon
- prix du roman étranger : Le livre des choses perdues, John Connelly Editions de l'archipel
- prix spécial : Conquistadors Eric Vuillard Ed Léo Scherr

Des critiques sont disponibles sur le site www.chroniquesdelarentreelitteraire.com une initiative qu'il faut saluer d'Abeline M... (je ne sais pas si j'ai le droit de la citer), une jeune femme à l'énergie communicative. elle vous convaincrait qu'on peut aller abattre le mur du berlin le 9 novembre, en partant de Paris le 16 novembre... ;-)


Enfin, après cette épreuve, lire 13 livres et pas que du bon - le palmarès est très bon - on a comme une indigestion, un vertige de l'amour, une sorte de post coitum animal triste.. Et puis, quand je pousse la porte d'une librairie, le désir revient. Donc samedi dernier, à peine sorti du jury, étourdi par ces lectures, je suis rentré dans une librairie, une vraie. Là on me conseille le testament caché (j'en reparlerai). Le libraire m'explique que c'est un livre long, l'anti turning page book.

J'ai l'impression qu'on oppose les livres à suspense aux autres, sous entendants que les seconds seraient forcément de la littérature, quand les premiers seraient de vulgaire machineries à faire lire.. Refusons cet amalgame. un livre prenant qu'on veut finir à tout prix peut être bon. Stendhal était un truning page maker - ce snob qui aimait manier l'anglais me comprendra. Non, la littérature n'est pas forcément chiante. Le plaisir de lire c'est aussi d'être happé par une histoire...

ciné, cinémas

Deux films vus récemment : away we go et the box.

Le premier sympathique comme tout m'a moyennement emballé. Je me demandais pourquoi...

Après avoir vu the box, je crois avoir trouvé. A l'inverse de the box, away we go est un film tranquille qui ne prend aucun risque, un truc faussement indépendant et dérangeant, où rien ne gêne. Et pourtant Dave Eggers, le co scénariste, est un écrivain que j'aime beaucoup. IL y a bien la scène délirante en Californie avec une folle new age, anti poussettes, "la poussette comme matrice de toutes les névroses". Très amusant.. mais au delà.. c'est sympathique, drôle, bien fait, mais ça ne prend aucun risque.
Tout le contraire de The box.. Pourtant le film est déroutant. Après un début comme je les aime, une famille moyenne soumise à un événement hors normes : la remise par un homme bizarre - l'acteur est génial - d'une boite qui peut lui faire gagner un million de dollars. Pour cela, il faut appuyer sur un bouton qui tuera un inconnu. L'espèce de dérèglement subséquent de la petite famille américaine parfaite m'a emballé.
Surtout, à la moitié du film - la partie qui m'a le moins plu, on est rationaliste ou pas - le film part dans une sorte de fantastique. D'une certaine façon, the box est moins réussi dans l'absolu qu'away we go, mais pour les risques qu'il prend, le culot qu'il manifeste, il est in fine bien meilleur et intéressant, et donc réussi pour un spectateur qui aime être dérangé..

dimanche 11 octobre 2009

collision publicitaire

pas facile d'être télérama..
dans le dernier numéro, avec le magazine, des pages et des pages de publicité..

une proposition pour acheter un coffret de dvd très NPA : just a kiss (ken loachà, la raison du plus faible (lucas belvaux) mondovino (ça j'aodre de J nocifer) mon père est ingénieur, sursize me et the station agent

genre on est un magazine de gauche oui ou merde ?

accompagné d'une publicité "la joie est bmw"

tout le monde a le droit à avoir des contradictions. même télérama.

jeudi 3 septembre 2009

bas les masques !


je me méfie des coups de gueule et autres mouvements d'humeur et pourtant j'y cède
tout ça à cause de vincent josse et esprit public de france inter.
il interviewe laurent mauvignier. et ça dérape sur la vie privée de l'auteur.
tous ces gens qui idolâtrent proust et qui oublient que l'auteur de la recherche est aussi celui du contre sainte beuve, qui est un refus de la biographie.
y'en a marre des soi disant émissions culturelles où on ne parle que de psychologie comme dans le dernier des magazins féminins.
et l'autre ce matin : "et votre papa" et l'autre de raconter gêné une histoire personnelle difficile
et le josse d'en remettre une couche " ça vous a rapproché"

vincent josse t'es remboursé par la sécurité sociale ? tu consultes ? tu rêves de remplacer mireille dumas ? ou tu as eu ta formation de journaliste dans une loge de concierge ?

parle de livres de culture, et arrête de psychologiser tout le temps. ça nous fera des vacances...

vendredi 7 août 2009

Sans commentaire !

Lu dans l'express dans un portrait de Frédéric MItterrand :


"Ainsi a-t-on été fort surpris, au ministère de la Défense, de le voir surgir, le 13 juillet, en pleine garden-party, pendant que la chorale chantait. Seul membre du gouvernement à s'être déplacé, hors ceux qui gèrent la chose militaire... Le ministre de la Culture chez les kakis, témoignant son admiration aux soldats blessés au feu, du jamais-vu, ou presque, de mémoire de galonné. "L'armée a une grande responsabilité vis-à-vis du patrimoine, explique Mitterrand. Mais la vraie raison est ailleurs : j'habite en face et, depuis vingt ans, je voyais la fête de chez moi ; j'ai eu envie d'aller voir à quoi ressemblait mon appartement vu du ministère. Eh bien, je n'ai pas été déçu : on le voit à merveille, on voit l'intérieur, jusqu'à mes tableaux."


http://www.lexpress.fr/actualite/politique/l-extravagant-m-mitterrand_778697.html

dimanche 2 août 2009

Finissant la lecture de la solitudes des premiers, je lisais une critique de ce livre sur fluctuat net.
la journaliste, fort justement à mon avis, disait que c'était le genre de livre qu'on aimerait critiquer mais qu' on arrive pas à critiquer..
mais pourquoi donc vouloir critiquer un livre qu'on aime ? qu'est ce qui gêne ? le côté fabriqué lié à une écriture qui le semble moins ?
n'est ce pas tout simplement le plaisir régressif du conte de fée que l'on retrouve en lisant un livre comme ça. aussi peu vraisemblable et pourtant atteignant à des choses sinon vraies du moins d'une grande authenticité.. ce fameux mentir vrai. en tout cas, c'est comme ça que je comprends la formule d'aragon. s'éloigner du vraisemblable au point de mentir mais pour atteindre une vérité que la réalité n'aura jamais..
aurai je du aller en hypokagne pour me soigner ?
est il trop tard ?

aidez moi

lundi 1 juin 2009

Le sens de l'information




En américain, on dit breaking news. En français édition spéciale.
A écouter et à regarder hier la télévision, je me faisais cette réflexion : et si on y voyait la nature profonde du métier de journaliste.
Quand l'écran des chaînes toutes infos se pare d'un joli bandeau rouge "édition spéciale", que les spécialistes se succèdent, qu'on fait le tour des correspondants, c'est qu'on n'a rien à dire. C'était étonnant à quel point tous ces gens qui parlent n'ont pas d'informations, au sens propre, à délivrer.
hier soir sur i télé ou bfm tv, comme une rengaine, une sorte de litanie, on entendait en boucle, comme tournent les derviches : "pour le moment on ne sait rien".
Avant, on se receuillait devant les morts. aujourd'hui, face à la catastrophe, face au dieu technologie qui se dérobe ("mais qu'avons nous fait pour mériter ça, semblent dire tous les commentaires"), c'est le bruit fait pour rassurer les vivants qui accompagne les morts. un bruit inutile et vain. une tentative d'explication, pour se rassurer "notre société technique est la meilleure, c'est la plus forte"...


Mise à jour 8h22
ce matin sur france inter jean louis borloo répondant à une question de nicolas demorand "que sait on sur l'accident ?", a répondu "rien de plus qu'hier"...